Avec un vol à 7h du matin, on se lève tant bien que mal quand le réveil sonne à 4h30… On a la bonne surprise de ne pas avoir de taxi qui nous attend à 5h pour aller à l’aéroport ! Le genre de situation que tu préfères éviter surtout quand tu lis les conseils sur la sécurité à La Paz de nuit… On arrive tout de même à trouver un taxi officiel pour ne pas finir au fond d’une cave brutalisés pour se faire dépouiller le compte en banque 🙂  ! On embarque dans un avion d’une quarantaine de place en direction de l’Amazonie.
Première surprise : la température… On s’attendait à arriver dans un climat tropical et surtout chaud mais il fait exceptionnellement froid ! Les pulls qu’on portait à La Paz sont donc plus qu’appropriés… On pose nos sacs dans un auberge avant de partir prendre un petit déjeuner dans une autre boulangerie francaise (oui, on ne change pas…). Les papilles rassasiées, on se lance dans un marathon de tour operators pour trouver celui qui fera notre bonheur pour découvrir la selva (jungle) et la pampa (savane). Le choix n’est pas évident et après une journée d’hésitation on jette finalement notre dévolu sur Mashaquipe, une agence communautaire qui semble être respectueuse de l’environnement (ou des animaux qui s’y trouvent). Rendez-vous pris le lendemain matin 8h pour partir pour 5 jours de combo Selva + Pampa. La ville de Rurrenabaque (Rurre pour les intimes) est plutôt agréable au bord du fleuve Beni d’une couleur bien amazonienne : marronnasse !
Selva :
On grimpe dans une barque à moteur le lendemain matin pour se rendre dans l’auberge de notre agence. Les paysages sont vraiment dignes de l’image qu’on peut se faire de l’Amazonie : dense et sauvage ! Après un rapide passage au bureau de la réserve Madidi on remonte le courant du fleuve Beni. On aborde une petite plage après une heure de navigation pour aller à la rencontre d’une famille indigène. Les conditions de vie ne sont pas les plus confortables par ici ! On découvre quelques fruits locaux et surtout les secrets de la canne à sucre à déguster en mode sucette ou en jus ! On a même le droit de faire une petite séance de sport pour préparer le jus de sucre de canne. Un vrai régal avec un demi citron vert ! On continue notre périple avec 1h30 de navigation supplémentaire en serpentant d’une rive à l’autre selon les obstacles flottants. On arrive finalement dans notre auberge faite de cabanes perdues au milieu de la jungle. Ça grouille d’animaux aux alentours et surtout d’oiseaux ! Après un rapide (et très bon) déjeuner, on part avec notre guide, Ismael, sur les sentiers de l’auberge pour essayer de trouver des animaux et plantes intéressantes. Après quelques minutes de marche, notre guide s’arrête subitement en tendant l’oreille. On n’avait rien entendu mais en marchant encore un peu et avec de la patience on aperçoit des petits singes capucins (capucino mono). Plutôt farouche comme animal mais on arrive tant bien que mal à en observer… Sur la suite de notre marche, on découvre quelques plantes utilisées pour leurs pigments naturels ou vertues médicinales. On « croise » surtout beaucoup de fourmis ! Elles sont d’ailleurs plutôt grosses et pour certaines Ismael nous déconseille de les toucher sous peine d’intenses douleurs ! ¡Listo! Il s’avère que notre guide a précisément vécu à l’endroit où il y a désormais notre auberge. Il connaît donc plutôt bien les environs !
Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil et un copieux petit déjeuner, on part avec nos sacs en direction d’un camp plus avancé dans la jungle. Sur le chemin on découvre la technique sauvage pour faire des points de sutures avec les moyens du bord (cf. photo). Au programme, exploration, night walk et nuit en pleine jungle ! Le campement est plutôt sommaire, parfait car on ne cherche pas un club de vacance all inclusive ! On passe l’après-midi à découvrir les sentiers aux alentours remplis de singes hurleurs et perroquets ! L’immersion est parfaite (bien qu’un peu courte) et on est au top dans cet environnement. On se sent en totale sécurité avec notre guide et son indispensable machette qu’il manie avec une grande dextérité ! La petite marche de nuit de 2 heures est aussi une super experience. C’est quelque chose d’éteindre sa lampe torche au milieu de la jungle pendant 5 minutes pour écouter la vie qui nous entoure et essayer de trouver quelques mammifères nocturnes aux alentours ! On voit des empreintes fraîches de jaguar et de puma le long de la rivière que nous suivons. Tout va bien, ce sont juste des félins carnivores. Après avoir suivi de nombreuses traces de tapir sans succès dans une petite plaine on aperçoit 2 yeux au loin qui nous observent ! On tente de s’approcher mais l’animal n’est pas dupe et on entend des bonds proches de nous. On trouve de nouvelles traces de puma toutes fraîches mais pas plus ! On aura donc pu voir ce félin brièvement en pleine nuit !!!
Le lendemain matin, on part à la recherche de nouveaux singes en dehors des sentiers cette fois-ci. On avance tant bien que mal en suivant les coups de machette d’Ismael ! Après plus d’une heure de recherche sur un terrain plutôt accidenté, on décide de retourner sur les sentiers pour essayer de voir des cochons sauvages. Les animaux sont plus durs à voir dans la jungle, on le savait ! On ne verra pas non plus de cochon sauvage malgré l’impressionnante quantité de traces dans la boue. On aperçoit tout de même un superbe toucan en haut d’un arbre à l’aide des jumelles de notre guide. Prochaine étape : la création d’un radeau pour revenir à l’auberge par le fleuve. Bon dans les faits on accroche juste des troncs d’arbres déjà découpés pour naviguer tranquillement pendant une heure mais on aura tout de même quelques sensations de vitesse sur la rivière sur quelques passages plus mouvementés ! On n’avait pas trop souffert des moustiques jusqu’à présent car il faisait « assez » froid (pour le climat de la jungle) mais les mouches ont dévoré nos jambes pendant la construction du radeau. Enfin surtout celles de Marianne. C’est ça d’être donneur universel. On profite une dernière fois de la nuit pour observer quelques singes de nuit autour de notre auberge ! On passe la nuit à se gratter en découvrant l’ampleur des morsures des mouches et fourmis d’après notre guide…

Pampa :
On reprend notre barque (la vraie) le lendemain matin à 7h30 pour revenir sur Rurrenabaque pour partir à l’ouest vers la pampa ! Pour cette nouvelle étape on embarque dans une Toyota (pas compliqué, y’a que des Toyota ici…) pour rejoindre la rivière Yacuma dans la savane. Après 2h30 de route avec quelques oiseaux et des paresseux en cours de route, on arrive au bord de la rivière. On devait pas trop souffrir niveau transport puisque notre nouvelle maison n’est qu’à 6 ou 7 minutes de bateau… C’est pourtant suffisant pour voir une quantité impressionnante d’animaux ! Ça change de la selva. On croise notamment de nombreux dauphins roses, des alligators, des hérons, des cormorans… Ca grouille de vie facile à observer depuis notre barque ! Après un rapide (et toujours bon) déjeuner on se dirige vers le spot pour nager avec les dauphins. Pas super rassurant quand tu sais qu’à 300 mètres c’est la zone des alligators et que de l’autre côté tu peux pêcher le piranha… Le spectacle est au rendez-vous avec de nombreux dauphins en train de chasser leur déjeuner autour de nous. On met ensuite le cap vers un petit brin de terre pour observer des singes avant d’assister à un coucher de soleil sublimissime ! Le combo rivière et lumière du soir est incroyable… Le tour de nuit nous permet de voir quelques marsupiaux mais pas de boa !
Le lendemain notre objectif est de trouver des caïmans noirs. Une sorte de super alligator qui ressemble un peu à un dinosaure ! On remonte donc la rivière dans notre barque pour une super balade avec un temps aux petits oignons ! On aperçoit rapidement notre caïman entre quelques branches en train de se faire dorer au soleil. C’est un animal plus gros que les alligators et plus farouche également. On s’offre une nouvelle observation des dauphins qui sont un peu plus joueurs lors de notre passage.