Les billets pour Ushuaia étant rares, on décide de partir un jour plus tôt pour ne pas rester bloqués à Puerto Madryn où il n’y a pas grand chose à faire. Nouveau bus de nuit de 20 heures pour se rendre à Ushuaia avec un changement à Rio Gallegos où nous trouvons sans problème un ticket pour finir le trajet jusqu’en terre de feu. On profite d’une panne électrique du bus juste après le passage de la frontière chilienne pour patienter 4 heures le temps qu’une personne arrive pour réparer. Pas de crise de nerfs des argentins / chiliens qui attendent tranquillement… Différent des râleurs en France !

On arrive finalement à Ushuaia à 1h30 soit 37 heures depuis Puerto Madryn. Belle performance ! On nous avait prévenu que tout est cher et complet dans cette ville mais on se pointe malgré tout comme des fleurs sans logement. On devait arriver à 21h initialement… On demande de l’aide aux gens du bus pour trouver et appeler le camping et on tombe sur une locale, Alicia, qui nous propose de nous héberger pour la nuit ! Parfait : on a même le droit à un petit repas en arrivant chez elle. « ¡Mi casa es tu casa! » Une vraie maman !!

La météo est comme décrite dans les guides : c’est les 4 saisons sur une même journée… Comme on est un peu en avance sur le « programme » et que des voyageurs rencontrés nous ont conseillé d’aller dans le parc national de la terre de feu, on décide de changer encore nos plans ! On tente le stop vers le parc sous un petit crachin à la vendéenne. On tombe sur Miguel un local super sympa (encore un !) qui nous propose de nous déposer dans le parc sur le lieu de notre campement ! On pratique un peu plus notre espagnol depuis 2 jours et ça pique un peu. On se trouve un petit coin de verdure à Laguna Verde pour installer la tente de l’ami Thibaut, sous la pluie, avant d’aller découvrir les premiers sentiers du parc ! Dès que les nuages cèdent la place au soleil, les paysages deviennent vraiment canons et on n’est pas beaucoup à se promener ! On profite d’une pause entre 2 averses (bonne occasion de vérifier l’imperméabilité des vêtements !) pour tester pour la première fois le réchaud d’Antoine et Amélie ! C’est officiel, on est autonome et on ne va pas mourir de faim !

Le lendemain, on attaque notre première journée de marche dans le parc à l’attaque du Cerro Guanaco (965m). Les cuisses chauffent sur un chemin plutôt pentu avec des racines partout. Ça ressemble un peu au trek du Volcan Rinjiani à Lombok avec la chaleur et l’humidité en moins ! On s’arrêtera un peu après le superbe premier point de vue car le chemin ensuite devient trop boueux. Retour au campement avec les crocs car on a été un peu light sur le repas du midi (fromage + 1 boîte de thon premier prix « succulente »…). On se fait un bon feu pour faire la popote et se réchauffer car même si c’est l’été, on se les caille !

On plie le camp au réveil pour retourner par le senda costera (sentier côtier) à l’entrée du parc. On attaque une rando de presque 5 heures avec les sacs sur le dos… C’est maintenant que ça commence comme on dit ! Souvenirs de notre trek dans l’Himalaya et même si les sacs sont moins lourds, on ne fait pas les malins… Le paysage nous fait un peu oublier les kilos mais les bourrasques de vents sont plutôt pénibles. Au final, ce parc était plutôt une belle étape !

Retour à Ushuaia en stop avec un couple d’argentins de Mendoza qui visitent la Patagonie. La météo étant capricieuse et le trajet très cher, on décide de ne pas traverser le canal de Beagle pour aller à Puerto Williams côté Chilien pour faire le trek de 5 jours en autonomie. La petite marche de la journée nous a un peu refroidis ! On trouve un dortoir « merveilleux » el refugio de Mochileno où ça n’est pas du tout bruyant, pas cher et où nos compagnons de  chambrée ne semblent pas manquer d’intimité pour faire des rencontres… Une nuit (presque) blanche plus tard, vamos à Punta Arenas au Chili.